God Bless America

Publié le par Seb

En Amérique, Dieu est partout. Sur les billets de banque ("In God we trust"), avec des crucifix géants au sommet de collines ou dans des jardins de particuliers, sur les pare-chocs des voitures "Jesus saved us", "Jesus loves you"... Les signes religieux sont quand même moins présent à New-York, mais voilà le Tennessee fait partie de la "Bible Belt" (la "ceinture biblique" à l'image de la "Sun Belt").

Ainsi à Morristown, on compte 72 lieux de cultes pour 25 000 habitants! Et lorsqu'on rencontre quelqu'un, il est fréquent qu'il nous propose de rejoindre son église. C'est un peu déroutant, mais apparemment les églises sont un des principaux moyens de se créer des amis lorsqu'on est adulte.

J'ai donc été invité par deux employés de l'usine à venir dans leur église et voilà donc le récit de ces deux expériences.
Attention, ce qui suit est le fruit de mes observations. Ma maîtrise de la langue ne me permet pas de comprendre toutes les subtilités, donc il est formellement interdit de généraliser et de conclure que ce sont des fous!

Oh happy day!!!

Je suis allé il y a trois mois dans une petite église gospel de Morristown, où une trentaine de personnes assistait au service. 90% étaient des blacks. Ce fut une cérémonie longue (2h30) mais très vivante. Dans la première partie un jeune pasteur a fait un signe de croix de l'huile bénie (je ne sais pas comment l'appeler vu que l'huile sainte appartient à la liturgie catholique). Une jeune fille a alors eu une crise de larmes, mais ce n'est pas un souci, il y a des boîtes de mouchoirs disponibles. Evidemment il y a beaucoup de chants accompagnés d'un piano, d'une batterie, et d'une guitare. Mais surtout il y a le prêche du pasteur, assez long et qui évoque non seulement la façon d'appliquer la parole de Dieu au quotidien mais aussi des aspects de la vie de tous les jours. Ainsi le pasteur a lancé une attaque contre ces gens qui mentent et qui disent d'acheter une des ces voitures écologiques et souvent européennes ou japonaises. Mais elles sont peu efficaces. Pour vous en convaincre, comparez un cheval et un âne, l'âne est plus faible, il faut davantage le motiver pour avancer, et en plus on va moins vite. Et bien c'est pareil avec les voitures! Donc achetez des SUV américains (le pasteur a travaillé dans une usine Ford dans sa jeunesse). Autres points marquants: on se fait gentiment grondé quand on est pas venu depuis longtemps à l'église, on félicite un membre de l'église qui a trouvé un boulot, et on remercie les visiteurs de leur présence, on dit "Amen", "Alleluia" et "Thank you Jesus" à tout bout de champ pour marquer le prêche. Globalement j'ai bien aimé cette messe, et le moment le plus marrant a été à la fin quand le pasteur est venu me dire à qu'il trouvait à son goût la femme de notre président Sarkozy!! Assez déroutant quand on a été habitué aux prêtres catholiques qui font vœu d'abstinence.

une des 72 églises de Morristown, je ne suis pas rentré à l'intérieur.
Et en prime un de ces nombreux fils électriques qui ont le don de m'énerver! (militons pour enterrer les lignes électriques)

Au sein de la plus grande communauté chrétienne d'Amérique

Et aujourd'hui j'ai répondu favorablement à la deuxième invitation, et je me suis retrouvé dans une église Baptiste. Les Baptistes représentent la plus grande communauté protestante américaine et n'ont pas la réputation d'être des rigolos : ils ne fêtent pas Halloween, ils ne boivent pas.
J'étais cette fois-ci assez loin de Morristown, à une heure de chez moi, je ne m'attendais pas à me retrouver dans une église au milieu de nulle part quand j'ai retrouvé l'ouvrier qui m'avait invité. Le service a commencé par des chants, les fidèles demandant à ce qu'on chante (on est bien loin de l'organisation des messes catholiques en France où les chants sont choisis et répétés avant la messe). Musicalement, on n'est pas loin de la country, et les gens sont moins doués qu'à l'église gospel. Mes oreilles ont un peu souffert, du coup j'ai essayé de chanter aussi, au moins je suis habitué à mes chants totalement faux. Ensuite le pasteur a demandé si les gens avaient des requêtes pour qu'on prie pour eux.  Une dizaine de personnes se sont signalés, la plupart ne précisant pas pourquoi ils avaient besoin qu'on prie pour eux, certains étalant leurs malheurs. Alors tout le monde s'est penché ou mis à genoux et a prié. Puis est venu le prêche. Très très impressionnant, le pasteur parlait très vite, ponctuant ses phrases d'un HHAA, on pouvait avoir le sentiment d'entendre un mauvais rap accompagné d'une chorégraphie consistant à taper du pied, à sauter et à venir dans l'allée centrale. C'était très compliqué à comprendre, mais j'ai appris qu'il ne fallait pas s'étonner si le pays allait mal car à sa tête il y avait un musulman (il ne fait pas bon être musulman dans l'East Tennessee...), aussi que le pasteur critiquait d'autres communautés qui demandaient toujours de l'argent et qui permettaient à leurs pasteurs de vivre avec 65 000 $ par an. Pendant le prêche, comme dans l'église gospel (mais moins fréquemment) des gens disaient "Amen". Le service s'est achevé par un tour de l'église pour serrer la main à tout le monde en disant "God bless you", et par une prière collective. Je n'ai pas trop aimé cette messe, le prêche était impressionnant à voir, mais j'avais l'impression que c'était un peu malsain.

Publié dans Les Américains

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